His memories in a trunk

Reflections on literature, language(s), and music

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From Voltaire’s Remarques sur l’histoire de Charles XII

Yesterday I stumbled upon an interesting pericope in Voltaire’s Remarques sur l’histoire de Charles XII. It concerns an assassination that almost happened, but was averted when the would-be victim, the Polish Count Poniatowski, having learned of his impending murder by men pretending to be drunks, contrived a welcome for his assassins that turned them from their plan. (Before the events of the text given here, he also armed himself with two “pistolets de poche”, in case, perhaps, his hospitable treatment failed to confound his assassins!) Below is the text from the edition, Œuvres complètes de Voltaire, Paris, 1826, p. 511, available here.

voltair_hist_charles_xii_p511Here’s the French text re-typed:

Précisément vers le midi, selon qu’il avait été averti, il vit venir les prétendus ivrognes droit à sa tente. Dès qu’ils furent entrés, il les reçut poliment. Appelant ensuite ses domestiques, avec une alégresse contrefaite, pour leur ordonner d’apporter du café, du tabac, des confitures, etc., il pria instamment des Turcs de s’asseoir, et les força obligeamment de prendre du café, de fumer du tabac, etc. Ceux-ci, étonnés sans doute d’une telle réception chez un homme qu’il allaient assassiner, ne firent que se regarder les uns les autres, sans proférer une seule parole. Tout d’un coup, le premier d’entre eux, celui apparemment qui devait commencer l’exécution se leva brusquement, et dit aux autres: Heydy gidelem, ce qui veut dire: Allons-noun-en. En sortant il se tourna vers le comte Poniatowski, et lui dit: Ne kiafir sen, ce qui signifie: Tu es un païen extraordinaire.

And here’s my English translation:

Just near midday, as he had been informed, he saw the supposed drunks coming straight toward his tent. As soon as they had entered, he received them politely. Then calling his servants, with a counterfeit enthusiasm, to have them bring coffee, tobacco, jams, etc., he instantly asked the Turks to take a seat and forced them obligingly to have some coffee, to smoke some tobacco, etc. Those men, certainly amazed at such a reception by a man they had come to assassinate, did nothing but look at each other, without offering a single word. All of a sudden, the first among them, who was to have begun the execution, got up quickly and said to the others, Heydy gidelem, which means, “Let’s go.” Going out, he turned toward Count Poniatowski and said to him, Ne kiafir sen, which means, “You are an extraordinary pagan!”

My attention was drawn to the story both for the events themselves and for its charm, including the hospitable proffering of coffee and tobacco, but also for its accurate representation of the Turkish phrases recorded. The first phrase (“Come on, let’s go!”) would be هايدى گدءلم (haydi gidelim) in Ottoman orthography, and the second (“What an infidel you are!”) نه كافر سن (ne kâfir sen). (The form gidelim is 1pl. optative of گتمك gitmek to go.)

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Proust II

The next paragraph from À l’ombre des jeunes filles en fleurs, pt. I. Read on! As always, your responses to the passage are welcome in the comments section. And as an addendum to the previous post, here is the famous Summarize Proust Competition from Monty Python, which I neglected to mention there!

Quant au professeur Cottard, on le reverra, longuement, beaucoup plus loin, chez la Patronne, au château de la Raspelière. Qu’il suffise actuellement, à son égard, de faire observer ceci : pour Swann, à la rigueur le changement peut surprendre puisqu’il était accompli et non soupçonné de moi quand je voyais le père de Gilberte aux Champs-Élysées, où d’ailleurs ne m’adressant pas la parole il ne pouvait faire étalage devant moi de ses relations politiques (il est vrai que s’il l’eût fait, je ne me fusse peut-être pas aperçu tout de suite de sa vanité car l’idée qu’on s’est faite longtemps d’une personne bouche les yeux et les oreilles ; ma mère pendant trois ans ne distingua pas plus le fard qu’une de ses nièces se mettait aux lèvres que s’il eût été invisiblement dissous entièrement dans un liquide ; jusqu’au jour où une parcelle supplémentaire, ou bien quelque autre cause amena le phénomène appelé sursaturation ; tout le fard non aperçu cristallisa, et ma mère, devant cette débauche soudaine de couleurs déclara, comme on eût fait à Combray, que c’était une honte, et cessa presque toute relation avec sa nièce). Mais pour Cottard au contraire, l’époque où on l’a vu assister aux débuts de Swann chez les Verdurin était déjà assez lointaine ; or les honneurs, les titres officiels viennent avec les années ; deuxièmement, on peut être illettré, faire des calembours stupides, et posséder un don particulier qu’aucune culture générale ne remplace, comme le don du grand stratège ou du grand clinicien. Ce n’est pas seulement en effet comme un praticien obscur, devenu, à la longue, notoriété européenne, que ses confrères considéraient Cottard. Les plus intelligents d’entre les jeunes médecins déclarèrent – au moins pendant quelques années, car les modes changent étant nées elles-mêmes du besoin de changement – que si jamais ils tombaient malades, Cottard était le seul maître auquel ils confieraient leur peau. Sans doute ils préféraient le commerce de certains chefs plus lettrés, plus artistes, avec lesquels ils pouvaient parler de Nietzsche, de Wagner. Quand on faisait de la musique chez Mme Cottard, aux soirées où elle recevait, avec l’espoir qu’il devînt un jour doyen de la Faculté, les collègues et les élèves de son mari, celui-ci, au lieu d’écouter, préférait jouer aux cartes dans un salon voisin. Mais on vantait la promptitude, la profondeur, la sûreté de son coup d’œil, de son diagnostic. En troisième lieu, en ce qui concerne l’ensemble de façons que le professeur Cottard montrait à un homme comme mon père, remarquons que la nature que nous faisons paraître dans la seconde partie de notre vie n’est pas toujours, si elle l’est souvent, notre nature première développée ou flétrie, grossie ou atténuée ; elle est quelquefois une nature inverse, un véritable vêtement retourné. Sauf chez les Verdurin qui s’étaient engoués de lui, l’air hésitant de Cottard, sa timidité, son amabilité excessives, lui avaient, dans sa jeunesse, valu de perpétuels brocards. Quel ami charitable lui conseilla l’air glacial ? L’importance de sa situation lui rendit plus aisé de le prendre. Partout, sinon chez les Verdurin où il redevenait instinctivement lui-même, il se rendit froid, volontiers silencieux, péremptoire quand il fallait parler, n’oubliant pas de dire des choses désagréables. Il put faire l’essai de cette nouvelle attitude devant des clients qui, ne l’ayant pas encore vu, n’étaient pas à même de faire des comparaisons, et eussent été bien étonnés d’apprendre qu’il n’était pas un homme d’une rudesse naturelle. C’est surtout à l’impassibilité qu’il s’efforçait, et même dans son service d’hôpital, quand il débitait quelques-uns de ces calembours qui faisaient rire tout le monde, du chef de clinique au plus récent externe, il le faisait toujours sans qu’un muscle bougeât dans sa figure d’ailleurs méconnaissable depuis qu’il avait rasé barbe et moustaches.

French with the poets I

I’ve given here before some poems in other languages — I don’t know if anyone else appreciates these little presentations, but at least they’re fun for me! — and having just read through Jean de La Fontaine‘s (1621-1695) fable (in verse) on the tortoise and the hare (“Le lièvre et la tortue” [VI, 10], also in Aesop, but I don’t think it’s in the Panchatantra) with my two oldest sons, it occurred to me that it would be a nice one to do in French. The Fables are, of course, quite fun, and you’ll find the French text of all of them with some annotations (in French) here. The text follows immediately below, followed by some remarks on grammar and vocabulary; the rhymes will be obvious. As always, read aloud!

Let’s begin: first the texte intégral, followed by some hints, mostly lexical, tied to the text. I confess that I’d like to give more commentary than I am giving, but time and tiredness make me settle for what’s here; hopefully it will be useful to someone.

Rien ne sert de courir ; il faut partir à point.
Le Lièvre et la Tortue en sont un témoignage.
Gageons, dit celle-ci, que vous n’atteindrez point
Si tôt que moi ce but. Si tôt ? Êtes-vous sage ?
Repartit l’Animal léger.
Ma Commère, il vous faut purger
Avec quatre grains d’ellébore.
Sage ou non, je parie encore.
Ainsi fut fait : et de tous deux
On mit près du but les enjeux.
Savoir quoi, ce n’est pas l’affaire ;
Ni de quel juge l’on convint.
Notre Lièvre n’avait que quatre pas à faire ;
J’entends de ceux qu’il fait lorsque prêt d’être atteint
Il s’éloigne des Chiens, les renvoie aux calendes,
Et leur fait arpenter les landes.
Ayant, dis-je, du temps de reste pour brouter,
Pour dormir, et pour écouter
D’où vient le vent, il laisse la Tortue
Aller son train de Sénateur.
Elle part, elle s’évertue ;
Elle se hâte avec lenteur.
Lui cependant méprise une telle victoire ;
Tient la gageure à peu de gloire ;
Croit qu’il y va de son honneur
De partir tard. Il broute, il se repose,
Il s’amuse à toute autre chose
Qu’à la gageure. À la fin, quand il vit
Que l’autre touchait presque au bout de la carrière,
Il partit comme un trait ; mais les élans qu’il fit
Furent vains : la Tortue arriva la première.
Eh bien, lui cria-t-elle, avais-je pas raison ?
De quoi vous sert votre vitesse ?
Moi l’emporter ! et que serait-ce
Si vous portiez une maison ?

Gageons. “to wager”; the related noun la gageure occurs later. Ma Commère, il vous faut purger//Avec quatre grains d’ellébore. The last word, which derives from Greek and occurs in English as “hellebore”, refers to a variety of medicinal plant sometimes mentioned in folklore of various cultures; it was thought to cure madness. Surely these lines might serve as a fine reprimand to ambitious or boasting interlocutors, but of course they’d need to get it to be meaningful! je parie. parier is “to bet.” les enjeux. An enjeu is a “stake”. aux calendes. Oftener, I think, aux calendes grecques, as in English, an idiom referring to a point in time that will never come. arpenter. to go up and down. brouter. to nibble, graze; the verb comes again a few lines later. s’évertue. to try one’s best. la carrière. Not really “career” as commonly now, but the meaning is pretty clear from the context. un trait. “line, stroke, dash”; the phrase means something like “straightaway”. les élans. “momentum, impetus, rush”. emporter. “to sweep away”; the expression here expresses surprise, perhaps somewhat feigned.

So much for this fun little tale. The poetry itself is nothing stellar, but it’s not bad. I learned some new vocabulary myself, and perhaps you did, too. Maybe the lesson itself will also come in useful for us all someday!
Till next time!

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